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 La Réforme

 

 

Les principes de la Réforme

hier et aujourd’hui

 (Blocage entre Rome et les Ecritures sur l’Evangile)

Ecrite par Hans L. LaRondelle

  

Pourquoi la Réforme ?

 Les Eglises Protestantes du XVIème siècle s’élevèrent en réponse à la question : quelle doit être l’autorité suprême: la Bible ou la tradition de l’Eglise ? 

Pour Luther, Christ était le centre de l’Ecriture Sainte.  Le salut et le pardon du péché passaient par la foi et la confiance en Christ seul.   La Bible était pleinement suffisante pour amener l’homme au salut.  C’est pourquoi pour Luther la Bible était la référence de la vérité qui sauve et l’autorité suprême de la révélation divine.

 Ce principe est connu sous le nom de “Sola Scriptura”.

 C’est à Worms que Luther exposa le 18 avril 1521 l’essentiel de la Réforme Protestante devant la Diète Royale : “A moins d’être confondu et convaincu par le témoignage des Ecritures ou par des arguments solides (puisque je ne crois ni au pape ni aux Conciles de l’Eglise seuls ; car il est évident qu’ils se sont souvent trompés et contredits eux-mêmes), je suis conquis par les Saintes Ecritures que j’ai citées et ma conscience est liée par la Parole de Dieu : je ne peux et ne veux rien abjurer contre ma conscience.”

 Pour Luther la Bible n’était pas un livre de loi rempli de cérémonials interminables et de règles morales.  Les exposés doctrinaux des Conciles oecuméniques ne pourraient jamais être remplis de la même autorité que le témoignage-même de Dieu dans les Saintes Ecritures.  L’Eglise de Christ, soutenait Luther, n’est pas bâtie sur les sables mouvants des traditions humaines, sanctionnées par la canonisation ecclésiastique, mais sur  l’Ecriture.  De là il citait indifféremment la Bible, Christ et la Foi, les trois étant indissociables.

 Cette idée d’une relation intime et dynamique, révolutionnaire du temps de Luther, s’opposait à la croyance que le salut s’obtient par des sacrements tels que le baptême, l’eucharistie et la pénitence.  Luther a bien vu, au contraire, que la grâce de Dieu à travers Jésus-Christ atteint l’âme de celui qui croit et qui se repent, par le moyen de la foi personnelle et de la confiance en l’Ecriture seule.  Cette vérité étant pour le chrétien de l’époque de la Réforme comme une pierre précieuse : l’assurance d’être pardonné et accepté par Dieu.  L’assurance de la justification par Dieu ici et maintenant, disait Luther, est un vrai cadeau, par pure grâce.

 Ce principe est connu sous le nom de “Sola Gracia”.

 La théologie de Luther concernant la croix de Christ, ne laisse pas de place au mérite ou aux oeuvres qui feraient de Dieu notre débiteur.  Par la grâce de Dieu qui pardonne, chaque croyant est délivré de la condamnation de la juste loi de Dieu.  L’Esprit de Dieu transforme le coeur et la volonté de celui qui met sa confiance en Jésus-Christ ; il aime Dieu et son prochain.  Le bon ordre est toujours celui-ci : d’abord la rédemption, puis l’obéissance du coeur.  Cette priorité du salut a conduit Luther à se préoccuper en premier du ministère de tous les croyants.  Le laïc n’est pas appelé à être seulement un auditeur passif, mais aussi un prédicateur, un témoin de la foi là où il se trouve, parce qu’il a un accès direct à Christ.

 La question fondamentale

 Ce que les Protestants appellent “la Réforme”, les Catholiques romains l’appelaient “la révolte de Luther”  et “l’époque du schisme”.  Ces différences de jugement reflètent des priorités divergentes en ce qui concerne la vérité et l’unité.

 A Noël 1949, lors de l’inauguration de ce que l’on appelle “l’année sainte”, Pie XII demanda : “Pourquoi faut-il qu’il y ait encore des divisions, des schismes ?”

 Le schisme du XVIème siècle résultait d’une question profonde: “Pourquoi Rome excommunia-t-elle Luther sans le réfuter ?”  Le pape demanda à Luther de se soumettre aveuglément et de renier tous ses livres.  Luther répondait que sa conscience étant liée par les Saintes Ecritures, il ne pouvait rien renier, sauf si on lui démontrait par les Ecritures qu’il avait tort. 

 La Réforme tournait autour de la relation entre l’autorité des Ecritures et la tradition de l’Eglise.  En 1546 le Concile de Trente décida que les traditions orales de l’Eglise auraient la même autorité que les Ecritures, prétendant que celles-ci avaient été reçues par les Apôtres de la bouche de Christ Lui-même, sous la dictée du Saint-Esprit, et qu’elles nous seraient parvenues telles quelles par tradition orale.

 Ensuite, en 1870 lors du 1er Concile du Vatican, un nouveau concept de la tradition fut admis : “l’intime conviction de la foi”, capable de se développer et de s’élargir à travers l’Eglise.  La tradition autoritaire ne prétend plus être nécessairement la continuation de ce qui se pratiquait au sein de l’Eglise apostolique, mais elle peut être inventée par le pape en place et déclarée par lui “ex-cathedra”.  Le décret du pape crée alors la tradition autorisée. 

 Prenons pour exemple les deux encycliques papales sur la mariologie, l’une de 1854 concernant le dogme de l’immaculée conception de Marie et l’autre datant de 1950 concernant l’Assomption corporelle de Marie dans le ciel.  Parce que la prétendue infaillibilité du pape en matière de foi et de morale est maintenant officiellement placée au-dessus de l’autorité des Conciles oecuméniques, ces dogmes ont été décrétés par des papes sans l’avis d’un Concile de l’Eglise et sans fondement scripturaire.  A partir de là, c’est uniquement la décision du pape qui définit la croyance religieuse.  Donc, la soumission devient inconditionnelle.  Bien plus, le Concile Vatican II (1962-1965), décida qu’une décision “ex-cathedra” du pape était “irréformable”.  La question essentielle aujourd’hui est devenue la question de l’infaillibilité de l’autorité du pape face à l’autorité des Saintes Ecritures. 

L’essence du Catholicisme romain

 Luther avait découvert également dans les Ecritures que la justification (l’enlèvement des péchés et l’établissement d’une bonne relation avec Dieu) est accordée seulement par la foi dans l’oeuvre expiatoire de Jésus-Christ. 

Ce principe est connu sous le nom de “Sola Fide”.

 Il est admis aujourd’hui, et cela même par quelques érudits catholiques, que le Concile de Trente, qui se tint entre 1545 et 1563 et qui condamna l’enseignement de Luther sur la justification “sola fide” en le qualifiant “de vaine espérance d’hérétiques”, le fit sans même l’avoir entendu ni compris.  L’idée que le Concile de Trente s’est faite de l’enseignement de Luther n’est qu’une caricature du message du Réformateur concernant la rédemption par la foi et la justification.  Le Concile considérait que la foi n’était qu’une adhésion intellectuelle aux doctrines de la Bible et de l’Eglise, une “foi informe” pourrait-on dire.  Pour qu’elle prenne forme, disait le Concile, une infusion de la grâce au moyen des sacrements de l’Eglise était nécessaire.  Seulement alors, pouvait commencer la justification personnelle. 

Le dilemme est clair : Si le croyant obtient la justification de Dieu au moyen des sacrements, alors ce n’est plus exclusivement par la foi en Christ.  De plus, si  le croyant ne reçoit la grâce que par le sacrement, il n’est toujours pas uni à Christ et à son salut.  Donc il lui manque toujours l’assurance d’être sauvé.  En plus, selon la thèse catholique, il lui faut conjuguer sa volonté propre et la nouvelle inclination de son âme pour faire de bonnes oeuvres.  Cela, dit-on, lui vaut des mérites devant Dieu.  Dans ce processus compliqué de la justification, le but est de “mériter véritablement d’obtenir la vie éternelle le moment venu”.  Il n’y a donc pas de place pour l’assurance du salut, car selon l’Eglise catholique, “sauf par révélation spéciale, il est impossible de savoir qui Dieu a choisi pour Lui-même”. 

Cette position doctrinale officielle du Concile de Trente nous montre  que l’autorité de l’enseignement de l’Eglise est bien le fossé fondamental entre le Catholicisme et le Protestantisme.  En maintenant sa doctrine de la justification par moyen des mérites et des sacrements, et aussi sa position sur l’autorité suprême de la tradition de l’Eglise, l’Eglise catholique romaine a forcé le mouvement de renouveau à former une église à part, contre la volonté de Luther. 

Le schisme va-t-il continuer ?

 L’échec des théologiens catholiques dans leur tentative d’intégrer la justification par la foi (la doctrine de Luther) au processus catholique de sanctification par les oeuvres méritoires a confirmé que les Catholiques et les Protestants enseignent deux chemins différents du salut, les deux chemins étant radicalement opposés : l’un soutenu par les Ecritures Saintes et l’autre en contradiction avec celles-ci.  Dans la doctrine catholique, les bonnes oeuvres du croyant jouent une part active dans sa justification et lui permettent de “gagner son salut”.  Cette doctrine du Concile de Trente du “mérite de l’homme” fait barrage à la “sola fide” de Luther.  Parler de réconciliation ou même de rapprochement, sans régler cette question fondamentale, ne se justifie pas.

 L’Eglise romaine d’aujourd’hui demeure une église

essentiellement sacramentelle.  Le salut ne vient que par la médiation de sa hiérarchie et de ses sacrements.  L’homme serait justifié s’il coopère avec la grâce obtenue à travers les sacrements de l’Eglise.  Vatican II compare l’Eglise au Rédempteur incarné.  Elle se prend pour le “sacrement universel de salut”.  L’espérance qu’elle offre n’est pas plus valable  que ses traditions et ses sacrements.  La revendication d’un consensus avec Luther au sujet de la justification, lancée par quelques théologiens catholiques modernes, ne trouve d’écho dans aucune décision ou interprétation officielle de Vatican II.  Vatican II est basé sur le Concile de Trente, et a adopté sa définition traditionnelle de la justification et du mérite.

 La doctrine catholique de la justification et du mérite reste inchangée et sépare toujours les deux interprétations dogmatiques de l’Evangile.  Luther avait vu que l’intégrité des Ecritures était menacée aussi par les prétentions concernant la messe et la papauté.  C’est pour cela qu’il reconnut la nécessité d’un schisme : “Donc nous sommes et resterons pour toujours séparés”.

 C’est donc avec réalisme que l’éminent érudit catholique Peter Kreeft écrivait : “Il n’y aura pas de réunion tant que l’Eglise catholique se heurtera à Luther”.

 

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Dernière modification : 19 juin 2009